« Craig et la marionnette » Focus sur un homme de théâtre souvent méconnu en France et son influence inconsciente sur l’univers contemporain des marionnettes … !
Edward Gordon Craig (1872-1966) révolutionna l’art théâtral au début du siècle dernier par ses mises en scène audacieuses. Son influence se fait encore sentir sur la scénographie et les marionnettistes actuels : sa fascination pour cet art de la manipulation le conduisant à voir en la marionnette un moyen de pratiquer un « Théâtre de l’Avenir » : stylisé, épuré et essentiellement visuel.
À l’entrée de l’expo, on peut lire ceci : « Les marionnettes demandent de la rigueur. Elles préparent l’interprète à l’art du théâtre. Les marionnettistes européens ont réussi peu à peu à faire entendre la nécessité d’une formation spécifique à l’exigence ancestrale de leur art et ouverte aux aspirations de la scène contemporaine. »
Viennent ensuite quelques pièces de la collection personnelle du scénographe, pédagogue et auteur d’un cycle de 365 pièces pour marionnettes « Dramas for Fools ». Les plus assidus pourront examiner certains documents et notes personnelles de l’auteur, traitant notamment de son fameux concept de « surmarionnette » et accompagnés de croquis et de maquettes d’études utilisées par Craig et son école, fondée à Florence juste avant que la Grande Guerre ne tue le projet dans l’œuf.
L’héritage de Craig, c’est d’abord la recherche de sources d’inspiration dans les traditions du monde entier. Son rejet du réalisme et son appel à faire vivre l’espace et le mouvement, son approche fragmentée de la langue et du corps et surtout son concept de marionnette habitée : technique qui donne aujourd’hui naissance à de véritables chef-d’œuvres. La preuve de cette transmission « craigienne » à l’étage de l’exposition, avec une série de pièces prêtées par des marionnettistes contemporains et rassemblées par Evelyne Lecucq.
L’avis du public :
« Un formidable travail de recherche et une approche particulièrement intéressante du travail de l’artiste. » Stéphane G., Québec. « J’ai apprécié la scénographie du lieu et la variété des personnages proposés pour traduire l’héritage de cet homme de talent. » Elise M., Reims. « Je suis enseignante en arts plastiques. Je l’avais vue en Avignon en juillet dernier et je suis venue la montrer à des amis. Sobre, visuel, esthétique : ça vaut la peine, vraiment ! » Martine D., Nivelles (Belgique).
L’expo est installée au Musée de l’Ardenne du 18/09 au 04/10 de 19h00 à 21H00 et dans la vitrine du conseil général des Ardennes, du 18/09 au 26/09 de 10h00 à 19H00. Entrée libre.
Pour donner vie à l’exposition, les élèves de la 8ème promotion de l’ESNAM mettront en scène des extraits des textes de l’artiste. À voir encore ce mercredi 23/09 et dimanche 25/09 à 10H00 . Le Papier Théâtre présentera, quant à lui, un des « Dramas for Fools » pendant toute la durée du festival à 15h00 (en anglais) et à 18h00 (en français) à l’atelier du Musée de l’Ardenne. Tarif : 5,50 euros. INUA, le chaman, le cheval et la mort
Par « Z Machine »
S’inspirant du conte Inuit « la femme squelette », ce spectacle de marionnette équestre, visuel et sonore, nous invite à suivre la métamorphose et la naissance charnelle d’une femme à travers différentes incarnations. Dans une « bulle métallique quadrillée », le contraste entre la violence du chamane en quête permanente et la douceur d’un corps féminin à peine suggéré nous lance au grand galop dans un univers peuplé d’animaux fantastiques et de nudité floue.
L’interprète, Netty Radvanyi, fréquente les chevaux et les pistes de cirque depuis son plus jeune âge. Après quelques détours par d’autres pays et d’autres disciplines, dont Sciences-Po, et tout en continuant à pratiquer l’acrobatie, elle rentre au CNAC pour se spécialiser en art équestre. C’est alors qu’elle rencontre la marionnette lors de stages à Charleville-Mézières et qu’elle commence à explorer les liens possibles entre le cirque et les marionnettes. Elle est l’une des membres fondatrices du Collectif d'artistes Z Machine. Question ambiance, le cadre de l’île du Moulin se prêtait parfaitement à accueillir cette représentation en plein air et de nuit. De toute beauté !
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